Veymerange chante. Le club de quartier a éliminé grâce à son esprit de corps sans faille une formation du Thionville FC totalement privée d’âme. Ce match pourrait avoir des conséquences.

Combien étaient-ils pour voir ça ? 200 en première période, 300 à la fin du bal. Que fut le match ? L’histoire d’une chronique annoncée. D’un côté, 14 morts de faim. De l’autre, une équipe en fin de cycle. Des joueurs ailleurs à l’instar de De Pradel qui se fit exclure dix minutes, reçu un carton jaune avant de regagner le vestiaire avant tout le monde. Quand Thionville se tirait une balle dans le pied, Veymerange portait à son sommet les valeurs de l’entraide et de la solidarité. D’un côté, un supplément d’âme. Et des armes fourbies tout au long d’une saison de pleine réussite. De l’autre, une panne d’esprit. D’un côté, l’amour du maillot. Même quand il est blanc. De l’autre, le blues et l’insulte. Un joueur se permettant de brocarder son entraîneur.
Que virent tous les amateurs de football qui s’étaient pressés autour de l’aire de jeu ? Une équipe disciplinée, quadrillant magnifiquement le terrain, gagnant les duels, ayant, à tout moment, un temps d’avance. Et finissant par trouver logiquement sa chance. En face, Klein eut un jaillissement, Romero une action, Chaillou un coup de patte et Schaab, le gardien, quelques absences.
Veymerange avait pris soin d’étudier son adversaire. Thionville s’en était abstenu. Pourtant, Veym’ avait prévenu. En sortant par le passé, et Algrange alors en CFA2 et quelques autres. Non des moindres.
Rentrant aux vestiaires tête basse et meurtri, Eric Brusco, le coach Thionvillois, eut le temps de féliciter les vainqueurs de la soirée. « C’est mérité ! », lâcha-t-il. Pendant ce temps, Klopp, le buteur, Granveaux l’éclaireur, et leur président Marc Berardi fêtaient dignement un succès dû à l’esprit. Quant à Marcel Mathis, l’adjoint aux sports de Thionville, il déclarait : « Le cœur a gagné. Nous allons avoir l’obligation de revoir certaines choses ».

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