Où il est question d’argent public et de budget de fonctionnement.

Le sport Thionvillois est aussi en difficulté sur le terrain. Qu’en pensez-vous ?

Marcel MATHIS, adjoint aux sports de Thionville (photo): « Les footballeurs du FC Thionville luttent en effet pour leur maintien en CFA 2. Les handballeurs sont dans le même cas en Nationale 2. Les grands sports sont dans le dur. L’argent est aujourd’hui le nerf de la guerre et je le déplore. En outre, la conjoncture est défavorable. Le sport génère d’autres valeurs. Je suis quand même heureux de constater que les jeunes relèvent les gants. Les juniors de Thionville FC sont toujours qualifiés en Gambardella et les handballeurs thionvillois en course pour le championnat de France. »

Peut-on penser que les subventions municipales seront relevées ?

« Il n’en est pas question. On ne peut pas augmenter sans raison les déficits de la Ville. C’est aux clubs d’aller chercher des moyens complémentaires et de l’argent privé, aux clubs de créer leur propre budget de fonctionnement. Le FC Thionville a une subvention de 80 000 € à laquelle il faut ajouter la bourse des transports ce qui n’est pas négligeable. Les handballeurs ont la même subvention plus 20 000 € qu’on leur a laissé cette année encore. L’année de la descente, on ne touche pas à ce surplus. Mais l’année prochaine, ce ne sera plus le cas. Je ferai remarquer que le CS Veymerange qui évolue en tête de DHR, se contente actuellement de 17 000 €… Le foot nous coûte cher. Une enveloppe globale de 120 000 € pour l’ensemble des clubs thionvillois devrait suffire. Je sais cette proposition est un peu une provocation. »

Dans le monde du football, personne n’a compris la somme de 60 000 € versée au futsal de l’Association Passage ? Est-ce un choix ou un problème de communication ?

« Je tiens à expliquer que la partie football de cette association ne touche pas 60 000 €. L’assoc’ a pour finalité de monter des projets bien différents dans l’ensemble des quartiers de la Ville. C’est une mission sociale tournée vers les jeunes de 16 à 25 ans. Passage a des comptes à rendre. Et pour répondre à votre question, c’est un choix assumé de la Ville. »

Vous n’êtes pas favorable à une politique d’événements, de coups ?

« Non, pas franchement. Surtout dans la conjoncture. Je ne suis même pas sûr que l’habituel Festi’Jeunes aura lieu en mai comme d’habitude, non pour des raisons financières mais pour des questions de service. On aura la soirée catch, le Tour de Moselle qui a été une grande réussite en septembre dernier. »

Vous continuez à découvrir les difficultés de la fonction ?

« J’en découvre tous les jours la complexité. Ce qui est difficile, c’est de travailler avec des gens uniquement préoccupés par leur club. Il n’y a pas de prise en compte de l’intérêt général. Si nous étions sages, nous fusionnerions nos deux clubs de judo et rassemblerions nos trois clubs de tennis. J’en ai peur, c’est un vœu pieux. »

Vous avez des vœux à formuler pour 2010 ?

« J’aimerais qu’on se souvienne que le sport n’est pas que l’argent. C’est nécessaire, certes, mais c’est surtout une éducation et une pratique qui rapproche des autres. »

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