Marc Berardi, c’est l’enfant du CS Veymerange. Ancien joueur au club, il l’a présidé pendant quasi dix ans et s’est révélé clé de voûte dans sa réussite. Photo RL

« Je pars avec le sentiment du devoir accompli. » Marc Berardi n’est pas du genre fanfaron. Plutôt franc du collier et entier. Alors cette décision, celle de quitter la présidence du CS Veymerange, c’est sûr, il l’a mûrement réfléchie.
« À l’époque, en 2002, quand j’ai repris le club suite à la démission collective de tout le comité, je ne savais pas où je mettais les pieds. D’ailleurs, je ne pensais pas que ça allait durer aussi longtemps. »

Quasi dix ans de présidence et un club remis à flot à tous les niveaux. Sans doute parce que la passion était là avec « l’envie de faire quelque chose grâce à un comité uni et volontaire ».

Il y a d’abord eu la remise à niveau des finances « En 2002, le club était exsangue. » En parallèle, la volonté de voir des jeunes s’amuser sur le terrain, qu’ils évoluent en Ligue. « On a travaillé différemment par rapport à nos prédécesseurs, considérant que l’avenir était derrière… Et pas devant ! »

Entendez que la force, c’est la jeunesse ! « Cette année, ils étaient quatre ou cinq U19 à jouer avec l’équipe première pendant toute la saison. S’il n’y a pas de relève… il n’y a plus de club. » La présence de l’éducateur, Gérald Ghezzi, qui les suit depuis si longtemps fait beaucoup.

En dix ans, le club a tout de même gonflé de cent effectifs, avec trois cents licenciés au compteur. « Le stade synthétique créé en 2003, puis le club-house ont beaucoup fait. Que ce soit avec la précédente municipalité ou l’actuelle, je me suis toujours bien entendu. »

Et le bilan sportif ne souffre aucune contestation. L’équipe première qui végétait en PPD à l’arrivée du président en 2002 évolue sans complexe en DHR, se payant même le luxe d’avoir touché de près la DH, « pour moi, une super satisfaction ».

Jamais de prime !

Pour parvenir à pareil résultat, la recette allie convivialité et combativité. Ne parlez surtout pas d’argent au président. « Nos joueurs n’ont jamais eu de prime. Plutôt que de donner 30 €, je préfère organiser une bonne pasta ! »

Bonne ambiance, résultats à l’affiche, argent dans les caisses… Pourquoi démissionner, alors ?

« Ça va faire dix ans que je suis à la tête du club. J’avoue, il y a une petite lassitude. »

Avant la lassitude, il y a aussi le rythme frénétique de travail de Marc Berardi. Avec son entreprise créée au Luxembourg l’an dernier, l’entrepreneur est en clientèle quasiment tous les soirs. Rebelote côté stade, tous les week-ends. Heureusement, son épouse l’a toujours suivi dans sa passion, endossant elle aussi le rôle de bénévole. « Personne ne se rend compte du travail ! On se fait critiquer, les gens sont de plus en plus exigeants… Ça sera toujours plus difficile de trouver des bénévoles. C’est usant. »

L’homme ne se plaint pas. Il dit simplement les choses telles qu’elles sont. Sans regret, ni amertume. Et inutile d’aller voir du côté des fusions de clubs qui ne se font pas. « J’avais soumis à Marcel Mathis, l’adjoint aux sports, un projet pour passer de huit à quatre clubs. Sincèrement, je pense que huit clubs de foot pour une ville comme Thionville, c’est trop. Moi, j’aime mon club, mais si on avait pu faire quelque chose de différent, ç’aurait été intéressant. » Au final, la décision sera politique. « Si la Ville n’impose pas, rien ne se fera jamais. Mais je sais qu’un comité de travail composé de gens neutres planche sur la question. »

Quant à sa succession, Marc Berardi se veut discret. « Il y aura quelqu’un. Je devrais peut-être rester au comité pour faciliter la transition. Je n’ai pas encore pris ma décision. »

Assemblée générale du CS Veymerange, ce soir à 20h au club-house, stade du Buchel.

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