Chaque lundi, les jeunes se retrouvent pour une partie de foot. « C’est leur moment préféré de la semaine », sourit Rachid Chebbah, le président de l’association Yrys. Photo RL
Chaque lundi, les jeunes se retrouvent pour une partie de foot. « C’est leur moment préféré de la semaine », sourit Rachid Chebbah, le président de l’association Yrys. Photo RL

Depuis un an, le CS Veymerange et l’association Yrys permettent à une vingtaine de jeunes déficients mentaux de pratiquer leur sport favori. L’institut La Providence vient de leur mettre son gymnase à disposition.

Rémy aime l’OM. Aïcha est fan du PSG. Ces deux-là pourraient passer la journée à s’envoyer des insultes à la figure. Pourtant, ils sont les meilleurs amis du monde. Tous les lundis, ils se retrouvent, avec une vingtaine de copains, pour jouer au foot.
Leur équipe à eux est un peu particulière. Elle est réservée à des jeunes souffrant de déficience mentale. Certains souffrent de troubles cognitifs ou intellectuels. D’autres ont des difficultés de langage.
Des handicaps qui les empêchent de faire du sport dans des conditions normales. Corentin raconte: « Avant, je faisais du foot à Hayange. Mais ça se passait mal. Tout le monde m’insultait ou se moquait de moi. Mon entraîneur m’a conseillé de venir ici. »
« Les jeunes qui souffrent de handicap ne s’amusent pas dans les équipes ordinaires, regrette Rachid Chebbah, le président de l’association Yrys. Ils sont souvent mis de côté, parfois moqués. Il leur arrive de passer toute la saison pour le banc de touche. Résultat: le sport n’est plus un plaisir. Mais il contribue à les écarter un peu plus de la société. »
Avec Jérémy Walin, professeur des écoles à l’IME Les Myosotis de Guénange, il a donc créé cette section football. Ils se sont appuyés sur un club aux reins solides: le CS Veymerange. « C’est un club formidable, témoigne Rachid Chebbah. Ils accueillent nos gamins comme s’ils appartenaient à l’équipe première. »
« Pendant qu’ils jouent au foot, les gamins ne sont pas chez eux enfermés dans leur chambre et coupés du monde, explique Jérémy Walin. Ce projet, c’est d’abord pour éviter la rupture du lien social. »

« Ils ne s’amuseraient pas dans une équipe ordinaire »

Plusieurs fois par an, les jeunes participent aussi à des compétitions de foot unifié. Le principe: des « partenaires » qui ne souffrent d’aucun handicap jouent avec les déficients mentaux. « Il y a aujourd’hui huit clubs en Lorraine, note Rachid Chebbah. Mais nous sommes le seul dans le secteur de Metz-Thionville. »
Créé il y a un an, le groupe Thionvillois voit ses effectifs gonfler de mois en mois. Depuis hier, il bénéficie d’un gymnase pour ses entraînements en hiver. C’est l’institut La Providence qui a généreusement mis ses installations à disposition.
Aïcha est heureuse: « Ici, on n’aura pas froid. »
Comme ses copains, elle attend les lundis soirs avec impatience. « J’aime le foot, dit-elle. Je suis contente de pouvoir y jouer. Et puis ici on s’entend bien, on ne se traite jamais. » Même quand Rémy chante « Allez l’OM »…

Plus d’infos sur le Foot diversié du CS Veymerange sur la page Facebook officielle: http://www.facebook.com/FootballDiversifieThionvilleVeymerange