Contre Blénod, les Verts sont allés au bout de leur effort pour conserver leur but d'avance face à Blénod. Photo CSVE
Contre Blénod, les Verts sont allés au bout de leur effort pour conserver leur but d’avance face à Blénod. Photo CSVE

Certaines victoires sont belles par le jeu, d’autres par le suspens… Et enfin d’autres par le courage. Comme hier face à Blénod.

Mon avis pourra ne pas être partagé mais qu’importe. Parfois il faut écrire. Hier, c’était 45 minutes de maîtrise, suivies de 45 minutes de douleur. Avec comme dénouement une frappe pure en angle angle de Blénod à la 95ème minute qui vient s’écraser sur le montant gauche du but de Mike, pour ensuite finir sa course en touche. Elle est dedans… C’est pareil ! Mais pas hier. Pas après tous ces efforts. Pas pour ce groupe qui récolte ces 3 points si importants.

Demandez à Phil combien de fois il a invoqué La Bonne Mère ? Demandez à Allan si un terrain ne s’agrandit pas au fur et à mesure que le temps passe, même quand on rentre en cours de jeu ? Demandez à Anto l’effet que cela fait de se retrouver au poteau de corner adverse suite à un débordement, de faire un pressing pour gêner la relance, puis de se retourner et de voir le ballon filer 60 mètres derrière dans les 2 secondes qui suivent sur son côté ? C’est ça l’énergie du courage. Il est des matchs qui se transforment en galère. D’autres auxquels on s’accroche. Hier, c’était le second. Même en difficulté, même lorsque le replacement et la construction font défauts, même lorsque les consignes se transforment en vague souvenir parce que le cerveau guide les jambes avant tout. On peut alors s’en remettre au courage et à ce bloc défensif. Greg se transforme même en homme-élastique pour inscrire le second but. Il a dû grandir de 15 centimètres pour dévier ce ballon devant le portier adverse qui pensait certainement pouvoir le capter sans soucis.

On aura parfois peut être oublié pour certains une chose derrière la main-courante, c’est qu’il s’agit du 3ème match en une semaine. Et ce n’est pas une excuse mais un constat. Après Homécourt en Coupe de France le week-end dernier et un match rendu plus simple avec des buts marqués rapidement, il y a eu le combat d’Amnéville sur un terrain très lourd et un engagement physique permanent ce mercredi. Maintenant la réception de Blénod pour terminer cette semaine avec au total une défaite à l’extérieur (2-1), une qualification en Coupe (4-0) à l’extérieur et une victoire (2-1) à domicile.

Alors oui cela peut être mieux. Bien sûr. D’ailleurs, cela peut toujours être mieux. Mais très honnêtement, je me pose deux questions.
A-t-on déjà oublié combien de points nous avions la saison dernière après 5 journées ? Le chemin parcouru avec quasiment le même groupe. On peut attendre d’un groupe un engagement à la hauteur de celui que déploie les bénévoles de Veym’ pour les encadrer du mieux possible. Du Président à la personne qui distribue les boissons, du coach à la personne qui lave le jeu de maillots. Des passionnés par un maillot et une couleur, le vert. Sans eux il n’y aurait rien de tout cela. Alors effectivement on peut attendre aussi cet engagement des joueurs en retour. Et ces points gagnés en sont la trace.
A-t-on déjà oublié que dans cette division (comme l’année passée déjà), Veym’ est le seul club à ne pas verser de prime de match ou d’indemnité kilométrique aux joueurs ? Une équipe de martiens. Ce n’est pas pour rien si on partage la même couleur d’ailleurs.

Alors dans le sport rien n’est jamais acquis, du travail il en faut encore. De l’assiduité à l’entraînement il y en a besoin parce que c’est notre seule planche de salut. Du courage il en faut encore plus. Du soutient il y en a nécessairement besoin. On attends le retour du kop U17, celui qui enflammait à 15 le virage Thionvillois lors du dernier match de championnat la saison dernière. On attends ces encouragements de la part du public pour pousser nos martiens. Les soutenir dans les moments forts et encore plus dans les bas. Parce qu’aussi étrange que cela semble nous ne sommes ni le Bayern ni le Barça. Laissons l’arbitre tranquille et ne provoquons pas inutilement des joueurs adverses lorsqu’on ne joue pas. Ce soutient qui trouva son apogée en juin dernier dans l’une des plus belle page du club, c’est aussi maintenant qu’il y en a besoin. La prochaine étape en championnat. Lunéville. Un souvenir récent de cette ferveur printanière. Seulement ne vous y trompez pas, cette venue sera tout sauf une partie de plaisir. Lunéville aura à cœur cette saison de montrer qu’ils n’ont rien à faire dans cette division. Alors supporter dans les exploits… Oui. Magique. Mais dans les moments plus compliqués, c’est là qu’on se rend compte des vraies valeurs d’un club et de leurs portées. Il peut sembler étrange de tenir de tels propos après une victoire et ce classement. Mais l’importance de tous les points pris est telle qu’on ne peut en sacrifier aucun. Et le mois qui se présente est bien plus important qu’il peut y paraître. Alors le 12ème homme sera un atout essentiel pour continuer à faire rêver ce peuple vert, des lutins aux vétérans revenus. Parce qu’à la fin, c’est de cela dont il est question, de rêve et de plaisir partagés.

A Veym’, les plus belles pages ne s’écrivent pas à 11. Mais à 12, voir même à beaucoup plus. Dans le train pour Bruxelles, je ne sais pas ce qu’a écrit le Républicain Lorrain sur ce match. En tout cas pour moi, c’est comme cela que je le voie de l’intérieur. Et vous, vous le voyez comment ?

Ludovic DELEPINE

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