Alors que l’équipe de France fait jaser, au bruit assourdissant des vuvuzelas, les petits de Marspich (PPD) ont jusqu’au bout mené la vie dure à leurs voisins Veymerangeois plus huppés (1-2).

Normalement, ce match du 2e tour de la Coupe de France entre une équipe anonyme de PPD qui a terminé 4e de son championnat et une des meilleures formations lorraines de la saison: 2e de son groupe de DHR, demi-finaliste de la Coupe de Lorraine, n’aurait pas dû avoir d’histoire. Sauf que le match fut une vraie partie de Coupe, avec engagement, surprise et finalement respect de la hiérarchie au bout des prolongations. Une partie tout à l’honneur du football amateur.
Et puis, en marge, un œil sur le terrain, une oreille prise par le bruit des vuvuzelas des gamins, le nombreux public qui se pressait autour du petit stade en synthétique de Marspich n’avait pas de mots assez forts pour condamner son équipe de France.
« L’équipe nationale, c’est un service public », disait, avec raison celui-là. « Les Bleus nous appartiennent et sont les représentants choisis de tout le football amateur. Mais aujourd’hui, qui se soucie du foot amateur considéré seulement comme un cochon de payant ? Les 5 millions d’euros que ces joueurs qui n’en sont pas, vont se partager, devraient revenir à nos clubs, les petits, les sans-grade », reprenait celui-ci. On vous passe l’affaire Anelka brocardée unanimement.
Pendant ce temps, Marspich avait mis en marche et ouvert le score sur un penalty indiscutable obtenu dès la 4e minute et que Thomann convertit du gauche sans trembler.
Le terrain bondissant et étroit ne favorisa pas le jeu de Veymerange qui s’entêta longtemps à passer dans l’entonnoir oubliant d’aller chercher les espaces sur les côtés.
Solidaires, bien organisés, jouant parfaitement le contre avec leur capitaine Ceresi en pointe, les joueurs de Jerry Rass firent honneur à leur maillot. A la pause, ils menaient encore malgré un coup franc sur la barre de l’excellent Gelmi signé Berardi (31e).
Autour du verre de la mi-temps, on entendit cette phrase : « Les Bleus d’Hidalgo avaient du cran et une éthique, ceux de 98, un projet et une intelligence. Aujourd’hui, c’est une bande d’enfants gâtés et perdus ». La discussion roulait sur les valeurs du football…
La partie avait repris. Porzi (55e) venait d’égaliser d’une volée joliment glissée. Fatigué, Marspich allait devoir faire dans l’héroïsme de la camaraderie. On gâcha des occasions chez les Blancs. Et Navarette, l’entrant, crut délivrer les siens mais Bersweiler stoppa le ballon avant la ligne. En tout cas, il le jura. On se retrouva en prolongations. Veym’ n’en menait pas large jusqu’à ce que Berardi ne qualifie les siens sur un corner et une négligence des locaux (105e).
Marspich a fait honneur à ses couleurs et au football amateur. Quand on remonta dans la voiture, il fallut entendre Evra, le capitaine des Bleus qui défendait Anelka au nom d’un esprit maffieux.
Le voyage au pays des vuvuzelas aura décidément fait beaucoup de mal au football.

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