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Pour pouvoir véhiculer une sensation positive, il ne suffit pas toujours de faire de beaux schémas accompagnés de longues explications. Une parabole est parfois plus efficace. Simplement parce qu’elle ouvre la porte au rêve. Simplement parce qu’elle donne corps et force à un groupe.

Dans des temps anciens, les habitants d’un petit village vivaient paisiblement dans la joie et le bonheur des jours qui passaient. Ils résidaient dans une région vallonnée arborant de merveilleux paysages dans lesquels se mélangeaient des couleurs d’ocre rouge, d’argent et de sable des mers ensoleillées. Certains disaient même de cet ocre qu’il était de terre de Sinope. D’autres se l’appropriaient pour lui donner un reflet vert héraldique.

Les principes qui régissaient la vie de ce petit village heureux, morceau de terres recomposées, étaient simples: l’entraide, la tolérance et la volonté. De la solidarité pour ne jamais laisser quelqu’un seul. Dans la capacité à respecter ce qu’on désapprouve. Dans la capacité de choisir par lui-même son destin d’après des normes et d’en rester maître. Tels étaient les piliers de la Communauté. N’en déplaise aux villages voisins et leurs conteurs.

Au fur et à mesure des saisons qui se succédaient, des générations qui se remplaçaient et au gré des conquêtes de plus en plus lointaines, les ressources du village vinrent à manquer. Dangereusement. D’aucuns disent qu’une merlette y apparut un samedi de novembre et y trouva refuge pour plus d’une saison. Elle fut suivie quelques temps plus tard d’une autre, tout aussi élancée bien que plus frêle. Émus par ces animaux d’azur, cygnes d’argents, les villageois les placèrent au centre de ce petit éden. Veilleurs de la porte du dernier rempart.

Au moment du départ pour une nouvelle conquête vers le grand sud rendue nécessaire pour approvisionner le village en nourriture collective, qu’elle soit de Truchet, de Fournier ou de Didot, le Guide du village rassembla ses Hommes et pris la parole devant l’assemblée réunie.
« Le voyage sera long et semé d’embûches. Certains ressentiront la fatigue plus que d’autres. Certains penseront peut être même perdre la foi en nos valeurs. Certains se demanderont même si ces campagnes ont encore un sens. Mais si ensemble nous dépassons les limites de nos attentes… si ensemble nous gardons la foi en nos principes alors je vous le dis… tout devient possible… tout est possible. »

Au milieu de cette assemblée attentive se leva un Homme. Un peu plus téméraire que les autres, à peine plus vaillant mais au caractère un peu rebelle. Il s’adressa au Guide en cherchant l’approbation de ses frères de campagne du regard.
« Tes paroles sont louables et tes intentions nobles, mais si la glace de l’océan gelé de ce royaume du sud qui surplombe les routes d’eau se fissure et se dérobe sous nos pieds, quels mots utiliseras-tu donc pour nous venir en aide? »

Le Guide pris le temps de la réflexion. Celui de la réflexion profonde nécessaire à la recherche du verbe juste. Après être resté quelques instants immobiles, il avança… se plaça au centre du groupe créé pour l’occasion et parla calmement. Presque indistinctement pour attirer les attentions.
« Si l’océan de glace se dérobe sous vos pieds, vous devrez continuez à marcher parce que sur l’eau vous avancerez. Et si dans l’eau vous vous enfoncez alors je la substituerais par l’énergie de mes rêves les plus fous mus par ma seule volonté. Ils vous porteront tous autant que vous êtes si vous y croyez car leurs forces et leurs énergies sont si puissants qu’ils vous soutiendront en toutes occasions. Sans failles aucune. Pour que cette campagne soit couronnée de succès. Parce que la confiance d’un seul suffira à engendrer les rêves qui formeront le socle de votre réussite… de votre inexorable marche vers l’avant… de cette campagne qu’on retiendra comme la marche des 14… de votre réussite. »

Ainsi parti le groupe des 14 vers le grand sud
Ainsi leur parla intérieurement le Guide avant le départ
Ainsi furent partagées ses pensées en ce dimanche de mai

Merci coach.

Ludovic Delépine