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Dans ce contexte de Coupe du monde de rugby, un petit passage par le Pacifique sud s’impose pour illustrer la semaine de Veym’ depuis ce match entre verts. Manu Peixoto nous a quitté suite à cette 5ème défaite, bon vent à toi. Chris Granveaux a accepté la mission de revenir aider Veym’, respect.

En polynésien, un Manureva est un oiseau de passage. C’est l’image qui restera certainement de l’épisode Veymerangeois de Manu. Un rêve… Un passage. Arrivé de BGL, Manu pensait pouvoir appliquer un style de jeu que requiert la discipline imposée par les contrats des footballeurs luxembourgeois. L’aspiration était intéressante, la mise en pratique fut beaucoup plus délicate. Il n’y a jamais eu de mauvaise volonté de part et d’autre entre le coach et les joueurs. Pas d’animosité. Encore moins en provenance du Comité ou du Président. Juste de l’incompréhension. Et dans ce groupe de DH, l’incompréhension se paie cache. Devant ce constat d’échec et après une préparation d’inter-saison en demi-teinte, Manu a décider de laisser Veym’ revenir à un autre style de jeu avec un autre coach. Nous ne pouvons maintenant que te remercier d’avoir voulu tenter l’expérience. Prendre la direction d’une équipe n’est jamais simple car elle a son histoire, son potentiel, ses contraintes. Visiblement, il y avait trop de ces contraintes pour pouvoir espérer autre chose. Nous espérons te revoir derrière la main courante encourager nos verts car sache qu’ici personne ne tient rigueur à quelqu’un qui essaie de faire quelque chose avec conviction. Même si ce n’est pas couronné de réussite. A bientôt Manu.

A la suite du match contre Amnéville et de la confirmation du départ de Manu (pour mes amis du Répu, Gaetan entraîne très souvent le lundi avec ou sans Manu), le President s’est entouré des irréductibles de Veym’ et a commencé à chercher un potentiel successeur. Une discussion très tardive sur le chantier du Buchel qui voit doucement sortir de terre ses vestiaires. Il fallait trouver en cours de saison quelqu’un qui ai la compétence de gérer une DH (ça ne court pas les rues), qui connaît la maison verte pour s’avoir s’appuyer sur ces spécificités (dénommées plus haut « contraintes »), qui puisse s’attaquer à un challenge (ramener la DH au Buchel) et qui soit capable d’imposer le respect aux joueurs (car sans cela c’est compliqué, tous les coachs vous le diront). Après de longues heures passée à évaluer des options, une se dégage naturellement des autres. En fait, c’est la seule viable. Le retour de Chris, Taianui. Le grand respect comme aime à le dire les polynésiens. Toutefois prendre cette responsabilité n’est pas chose facile. Chris aura pris le temps de la réflexion, de la concertation, de l’échange. Tout sauf un coup de tête. Cela aura pris la semaine. Finalement c’était une bonne chose que nous n’ayons pas de match ce week-end.

Dimanche matin, dans le club house du Buchel à côté des murs en construction, une réunion se tient pour fixer les derniers détails sur la prise en main de la A par Chris. Tous les sujets sont abordés par le futur coach devant ces mêmes irréductibles verts qui avaient veillé si tard. A midi la messe est dite. Cette fois c’est officiel, Chris retourne dans la maison verte et elle en a grand besoin. Il a défini les contours de cette reprise. Le challenge est audacieux, faire sortir les verts du fond du classement pour les ramener en DH au Buchel encore la saison prochaine. Le Président est aussi très clair sur ce challenge, si Chris y arrive ce sera un beau moment, s’il n’y arrive et que tout aura été fait pour essayer alors on redescendra la tête haute. Le plus important dans cette phrase.. « que tout aura été fait pour essayer »… cela n’engage pas que Chris, loin de là. Seul il ne pourra absolument rien faire. Cela engage les joueurs, les dirigeants, le comité et enfin les supporters. Cela mettra peut être quelques journées à se remettre en marche mais les supporters auront aussi pleinement leur place dans cet effort collectif. A chaque match à domicile dans ce stade de Guentrange qu’il est si difficile de faire chauffer et de faire vibrer, les encouragements et les applaudissements des supporters de tout âge seront les bienvenus. Vraiment.

En s’appuyant sur une envie dévorante et un projet de société, l’Afrique du Sud gagna sa Coupe du monde de Rugby en 1995. En s’appuyant sur une notion hors du commun de l’honneur et de l’effort, le Japon a surpris cette même Afrique du Sud 20 ans après. Alors à une semaine de 3 confrontations entre l’hémisphère nord et l’hémisphère sud, allons piocher dans l’autre hémisphère ce qu’ils ont de mieux et appliquons le. Envie, honneur, effort.

J’avais cité à plusieurs reprises de grands hommes et des sportifs dans l’Oeil de la semaine dernière. Pas par manque d’inspiration. Juste parce que parfois connaître ce que les autres ont fait, leurs réussites ou encore leurs échecs nous permet de mieux évaluer la situation dans laquelle on se trouve et d’offrir des pistes de réflexions pour les choix à faire. Cela ne signifie pas qu’on en sortira le meilleur mais au moins cela permettra de confronter ses croyances à celles de ceux qui y sont passer avant. Un espèce de chemin vers la sagesse. Pas toujours droit. Alors cette fois encore je conclurais par ce grand homme de l’hémisphère sud, grand artisan de ce triomphe de 1995, pour nos verts… « Ne me jugez pas sur mes succès, jugez-moi sur le nombre de fois où je suis tombé et où je me suis relevé à nouveau »… Nous avons mis un genou à terre en ce début de championnat… mais ce n’est qu’un genou qui ne demande qu’à se relever. Joueurs de Veym’, montrez moi la portée de cette citation…

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