Julio Cesar, le Brésilien qui a pris 7 buts contre l’Allemagne . Ludovic Delépine, formateur de gardiens à Veymerange, se glisse dans sa tête. Photo RL
Julio Cesar, le Brésilien qui a pris 7 buts contre l’Allemagne . Ludovic Delépine, formateur de gardiens à Veymerange, se glisse dans sa tête. Photo RL

Le 7-1 dans la tête du gardien. 7-1, la débâcle. Impossible de ne pas penser à Julio Cesar, le gardien brésilien qui est allé chercher sept fois la balle dans ses filets. Mieux, essayons de penser à sa place, dans sa tête. Ludovic Delépine, co-fondateur de l’académie des gardiens de Veymerange, tente l’expérience…

À quoi Julio César pensait-il après le quatrième but allemand, lorsqu’il a baissé les yeux dans un dépit profond ?

Ludo Delépine: « Une seule phrase devait tourner dans sa tête: « quand est-ce que ça s’arrête, mais quand est-ce que ça s’arrête… ». Gardien de but durant vingt ans, j’ai connu une situation similaire lorsque je jouais en Normandie, avant Thionville. 1989, dernier match du championnat, l’adversaire a besoin de points. La défense laisse trop venir, je prends sept buts et nous n’en marquons… qu’un. J’ai encore cette débâcle dans la peau. Le foot est ainsi, il ne supporte pas l’eau tiède: on ne garde que les beaux et les mauvais instants. Chose admirable, Julio Cesar est resté sur ses gardes durant le reste de la rencontre. À la 61’, c’est lui qui détourne une frappe bien cadrée. Voici le geste d’un vrai pro, qui fait le travail jusqu’au bout. Cesar n’a pas été élu deuxième meilleur gardien en 2009 pour rien. Malheureusement, les efforts pour l’honneur — il ne faut pas rêver, on ne remonte pas un 5-0 — n’ont pas payé. Le déluge s’est abattu encore et encore. Je crois que le septième but est le pire. Le score est trop gros, la victoire totale. Ultime blessure, le gardien d’en face, Neuer, a réalisé le match parfait. Le message était net: ce soir, quoique vous tentiez, vous ne gagnerez pas. Lizarazu a parlé de « bras de fer » à propos de Neuer. Je dirais plutôt qu’il était comme un aimant. Sa présence dans les cages était complète. Où que l’attaquant tirait, il tombait sur lui. Quelle frustration… »

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