L'équipe U17 2, qui s'est déplacée à 8 en raison d'une pénurie de joueurs, à réussi l'exploit de tenir 90 minutes contre 14 joueurs, ne s'inclinant que 3 buts à 1. Photo CSVE
L’équipe U17 2, qui s’est déplacée à 8 en raison d’une pénurie de joueurs, à réussi l’exploit de tenir 90 minutes contre 14 joueurs, ne s’inclinant que 3 buts à 1. Photo CSVE

Il est 17H00 lorsque les 8 joueurs qui composent l’équipe U17-2 se dirigent vers Yutz pour leur match de championnat. Après les joueurs partis avec l’équipe U17-1, les blessures, les maladies et les absences, ils ne restent plus que 8 U17 valides pour ce match. Ils seront héroïques pendant 90mn… même plus… des hommes d’Honneur.

Avant ce match, l’équipe du FC Yutz 2 est deuxième au classement du Groupe C. Alors lorsque vous partez avec 8 joueurs, vous savez que cette fin de samedi après-midi va être très compliquée. Mais qu’importe, 8 joueurs se sont déplacés alors par respect pour eux on se me devait de tout mettre en œuvre pour se sortir du mieux possible de cette situation. Gabi, embarqué à la volée au stade pour transporter une partie de l’équipe, va rester avec nous jusqu’au bout et nous être bien utile au drapeau.

Pour la première fois de la saison, le vestiaire nous paraît immense. D’habitude tout le monde se pousse, se marche sur les pieds, empile son sac… mais aujourd’hui rien de tout cela. Des joueurs ont même un banc pour eux tout seul. Royal. Après avoir distribué 8 maillots, shorts et paires de chaussettes, la petite troupe se dirige vers le carré de sable derrière le stade pour ce qui ressemble à un échauffement pendant que Gabi remplit la feuille de match. Cette feuille de match ne sera pas longue à faire et la machine à laver du stade de Veym rigole déjà du peu d’affaires à laver au retour. Dehors, Yutz est déjà en place sur ce carré de sable, échauffement collectif, petits jeux, cocottes, échauffement du gardien par les 3 remplaçants. Un luxe que nous n’avons pas. Alors nous faisons un échauffement collectif raccourci, un taureau et quelques balles sur le gardien. Retour vers les vestiaires pour les dernières consignes et encouragements. Il va les falloir ces encouragements. Puis c’est le départ vers le terrain, le départ vers l’inconnu. Dans les têtes des joueurs de Yutz qui nous regardent à 8, il est certain qu’ils se préparent à un festival. Consciemment ou inconsciemment. Regardez comme un terrain occupé par 8 joueurs paraît immensément vide. Mais ce festival n’aura pas lieu.

Pendant toute la première mi-temps les joueurs s’accrochent et suivent les consignes données. Tout le monde dans son rôle. Zone, piston et frein. 3 mots magiques. Et le résultat est là. 1-0 pour les locaux après 45 minutes à 8 contre 11. C’est déjà un exploit en soi. Dans les buts, Matthieu a frappé un nombre incalculable de 6m. Son record certainement. Avec un peu de chance, nous aurions presque pu marquer un but sur un corner, plus difficile à mettre dehors que dedans. Les joueurs s’encouragent, font de gros efforts et ne regardent pas à la dépense d’énergie mais toujours dans le respect des consignes. La première partie du match paraît très longue et il fait chaud. Mais ils tiennent bon. Arrivé à la mi-temps, des sourires se perçoivent sur les visages et des encouragements sont encore énoncés. Pas une critique entre joueurs, rien, juste de la fierté de contenir les assauts des bleus. Et on se laisse même à croire que l’exploit est possible. Pourquoi pas un nul sur un coup.

Début de la seconde période, les assauts des bleus repartent de plus bel mais rien n’y fait. Les verts s’arrachent sur tous les ballons et je commence à perdre ma voix. Les replacements permanents m’y oblige. Mieux même, nos verts commencent à gagner le respect des spectateurs qu’ils soient visiteurs ou locaux pour leur volonté. Pourquoi cela? Combien d’équipes auraient baissé les bras après le premier but? Combien de joueurs auraient simulé une blessure pour se retrouver à 7 et faire arrêter le match avant son terme? Mais pas nos joueurs. Pas aujourd’hui. À chaque action ils m’impressionnent par leur volonté. Cette volonté sur laquelle j’échange avec plaisir avec leur arbitre de touche qui avait troqué son costume de Metzervisse le temps d’un match pour celui de Yutz. Avec grand plaisir. L’arbitre du centre, pour qui ce match est simple, officie lui en toute quiétude. Yutz va inscrire 2 nouveaux buts mais nos jeunes font front sans jamais baisser les bras. À aucun moment. Matthieu multiplie les parades et tous les joueurs donnent ce qu’ils ont dans les jambes et le cœur. Encore plus fort, c’est un joueur de Yutz (pourtant à 14) qui va souffrir d’un début de crampes. Au fur et à mesure que le match avance, le pourtour soutient nos verts et les encourage. Mieux même, alors qu’on se dirige droit vers un 3-0, dans un ultime raid sur le but local, nos verts vont inscrire un but synonyme de 3-1. Énorme. Ce but restera celui de l’Honneur. L’Honneur de 8 combattants. C’est une explosion de joie côté vert et la désolation chez nos hôtes. Sur l’engagement qui suit l’arbitre siffle la fin du match sous ce beau soleil d’avril. Yutz empoche 3 points au classement pendant que nos verts empochent ceux de l’Honneur, hors classement.

Alors oui je suis très fier de ces jeunes, comme tous ceux qui étaient là en cette fin de samedi après-midi à Yutz. Oui ils méritent un article rien que pour eux pour cette leçon de courage. Et oui ils méritent d’être nommés à titre d’exemple, parce qu’aujourd’hui c’est l’Honneur d’une équipe, d’un maillot et d’un club qu’ils ont défendu. À 8. Cette équipe était composée de Matthieu Hindahl, Alexis Rocha, Mickael Fusco, Anthony Schuster, Mickael Fazzari, Hugo Miceli, Hugo Francia et Vincent Rau.

Merci Messieurs pour votre exemple. J’espère que cela se reproduira encore lors des prochains matchs. En tout cas, je ne sais pas ce qu’il se passera dimanche à Veym mais sachez que vous êtes d’ors et déjà les héros de ce week-end et la fierté d’un club.

Ludovic, coach-remplaçant d’un soir de Dom.

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