Marcel Mathis, adjoint aux sports, est conscient de cette très dérangeante différence de subventions entre Veym’ et le FC. Pour autant, si tout doit être remis à plat, « ça ne pourra être qu’après les élections municipales, le prochain budget étant voté fin mars. » Photo RL
Marcel Mathis, adjoint aux sports, est conscient de cette très dérangeante différence de subventions entre Veym’ et le FC. Pour autant, si tout doit être remis à plat, « ça ne pourra être qu’après les élections municipales, le prochain budget étant voté fin mars. » Photo RL

Quand le Petit Poucet passe devant l’ogre… C’est une autre histoire qui s’écrit. Pour la première fois de l’histoire du foot Thionvillois, Veym’ va jouer à plus au niveau que le FC. Quelles nouvelles règles instaurer ?

Inédit à Thionville. Pour la première fois, un club de quartier, le CS Veymerange, va jouer à plus haut niveau que l’équipe de ville, le FC Thionville. « On ouvre un nouveau livre, convient Marcel Mathis, adjoint aux sports. C’est le tome II du foot Thionvillois qui va s’écrire. » Ce qui n’est pas sans poser de vrais problèmes.

Quelle est votre analyse sur cette situation peu banale ?

Marcel MATHIS: « La réussite de Veymerange résulte d’un travail de très longue haleine, la preuve qu’un club peut remonter, même avec un petit budget. Le président Berardi et toute son équipe ont su créer une ambiance conviviale et familiale. C’est un club formateur, qui a su faire rentrer ses jeunes dans un projet et les amener à rester fidèles. C’est ce qui manque au Thionville FC. »

La preuve que l’argent ne fait pas tout…

« Le CS Veymerange ne paye pas ses joueurs. La politique du court terme basée sur l’argent crée des situations éphémères, sans attachement au club et à la cité. Ce message n’est jamais passé auprès de Bitar, le président en place, lorsque notre équipe est arrivée aux affaires en 2008. En assemblée générale, je me faisais insulter lorsque j’insistais sur les différences de subventions avec le CS Veymerange. Pascal Dine a hérité d’une succession très difficile. Il est animé de bonnes intentions, des choses semblent aller dans le bon sens. Ça n’est pas une révolution, mais une évolution. D’ailleurs, il ne faut pas voir les subventions au travers de la seule équipe fanion. Le FC, par exemple, est moteur dans les sections sport-études. Mais je pense que l’exemple doit être pris sur Veymerange. »

Ces subventions, justement, comment allez-vous faire ?

« Le CS Veymerange a toujours été mal loti par rapport au FC Thionville. En 2008, il touchait 11 500 € alors qu’il était en DHR et le Thionville FC, 80 000 €, qui jouait en DH. Cet écart semblait indécent. Cela a très certainement été le moteur de l’antagonisme entre les deux clubs. »

Depuis, vous n’avez pas résorbé l’écart.

« On a plus que doublé la subvention de Veymerange, même si cela reste insuffisant. En 2012, on leur a versé 20 000 € + 6 000 € de subventions exceptionnelles. La somme est restée identique en 2013. On analysera la subvention exceptionnelle pour la fin d’année. Parallèlement, le FC Thionville va voir sa subvention baisser de 10 %, après avoir déjà baissé de 10 % en 2012 (72 000 €). C’est une règle en place depuis longtemps, quel que soit le sport : en cas de descente, la subvention est maintenue pour permettre au club de remonter. Mais en absence de résultat, la subvention est automatiquement diminuée de 10 %. Comme Veymerange monte, il faudra tout remettre sur la table. Tout en sachant que le budget ne sera voté qu’après les élections municipales de mars 2014. »

Tout mettre sur la table, diminuer le nombre de clubs thionvillois (8 !), c’était déjà votre ambition durant ce mandat…

« Ça n’est pas si facile. Passer en force, c’était impossible et ce n’est pas notre façon d’opérer. Des choses ont évolué. Veymerange travaille avec Volkrange. Les Portugais de Thionville ont fait l’effort de fusionner avec Saint-François. Ils rentrent beaucoup d’argent par leurs propres moyens, c’est une vraie communauté. Leur club-house, ils l’ont construit eux-mêmes. Regrouper les clubs de quartiers ? C’est avant tout une question de personnes. »

Quelles solutions, alors ?

« Mon projet serait que les clubs regroupent les meilleurs joueurs par catégories d’âge, afin que chacune retrouve un niveau national. Tino Da Rocha, pour les Portugais, ne serait pas contre. Ce serait le début d’un processus, remonter le footballl thionvillois par les jeunes. Pour les équipes premières, ça ne sera pas envisageable à court terme. »

Entre le FC et le CS, l’heure n’est pas à la réconciliation.

« Dimanche, lors de ce match décisif entre les deux clubs, la tension était palpable. Mais avec le maire, nous avons tout de même réussi à faire se rencontrer les deux présidents. Pascal Dine a salué l’équipe de Veymerange. »

Un tout petit pas…

« Un message. Une façon de briser la glace, de parler et voir comment on peut envisager l’avenir du foot Thionvillois. »

Sauf que tout est suspendu aux prochaines élections. On a entendu des rumeurs de démission vous concernant.

« Voilà qui est étonnant. Je ne vois pas ce qui m’amènerait à y penser. D’ailleurs, si le maire en est d’accord, j’aimerais repartir. Le prochain mandat pourrait être l’occasion de travailler sur les installations sportives de Thionville en si mauvais état, comme le gymnase municipal. Il y a beaucoup de choses à faire pour le sport. Beaucoup de clubs marchent très fort à Thionville. Mais, pour revenir au foot, je le répète, il faudra tout remettre à plat. »

Propos recueillis par Jean-Pierre LEHOUSSE et Laurence SCHMITT.

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