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La A un peu dépassée, la B qui fait preuve de caractère, la C pas convaincante. L’éclaircie n’est finalement venue que de la B. On aura connu mieux comme week-end.

Ce week-end était froid, humide et pluvieux. Alors il ne faisait pas trop bon s’éloigner du chauffage du club-house de Veymerange. La A en a fait les frais en premier pour l’ouverture de celui-ci samedi soir. Si le Républicain Lorrain et le webmaster vous ont déjà offert une visite analytique de cette rencontre remportée 2-0 par les locaux, je vous en offre une visite plus historique. L’avantage de passer après eux est qu’il m’est permis de prendre un angle de narration différent, historique dirons nous.

A peine entré dans ce stade du Schlossberg situé à Forbach, vous êtes surpris par ce mélange architectural et cette odeur d’exploits passés qui flottent dans l’air. Oui c’est cela aussi la découverte d’une nouvelle division. Celle de la visite de nouveaux stades connus uniquement de nos aînés. Inauguré en 1923, ce stade a accueilli jusque 9 753 spectateurs en 1957 (sauf erreur de ma part) pour un choc entre Forbach et les Girondins de Bordeaux. Rénové, il possède aujourd’hui une capacité de 5 400 places. Je vous rassure, il n’était pas plein samedi soir mais c’est quand même grand. Cela étant la première chose que vous voyez lorsque vous y pénétrez est une tribune imposante construite en 1963, une bonne vieille tribune en béton couverte à flancs ouverts dans laquelle il transpirait sur sa droite des effluves mélangées de narguilé et d’Eristoff du vendredi soir. Pour vous y rendre, vous devez d’abord descendre quelques marches de pierre qui bordent des gradins eux aussi en pierre, glissade assurée sur la mousse par temps humide. Vous êtes proche du décor d’un péplum et des jeux du cirque, mais ici le pain ne sert qu’aux saucisses blanches et aux merguez. Une fois descendu, vous longez une longue palissade métallique imposante qui n’est pas sans rappeler celle d’un stade tristement célèbre d’un soir de 29 mai 1985. En gardant cette longue et haute langue métallique sur votre gauche puis en levant les yeux, vous découvrez une Tour (elle mérite un T majuscule) qui aurait tout à fait sa place sur le pourtour d’un château fort. C’est presque un nouveau décor cinématographique qui s’offre à vous. Vous pourriez presque vous attendre à voir apparaître un chevalier de Kaamelott au galop, Perceval ou Karadoc par exemple. Puis en poursuivant votre entrée, vous découvrez un club-house beaucoup plus contemporain. En bas se trouve la restauration rapide et en hauteur une magnifique baie vitrée offrant une vue imprenable et chauffée sur le terrain. En cette période de l’année, les enfants semblent particulièrement l’apprécier pour ce dernier détail. Une idée à retenir ? Enfin, vous êtes arrivés au pied de ce grand escalier qui vous mènera vers cette partie droite de la tribune aux saveurs uniques, la gauche étant massivement composée de supporters bleus locaux. Vous n’êtes dans ce lieu que depuis 5 minutes et vous avez traversé 2 000 ans d’histoire. Inattendu.

Il est 20H00, le spectacle peut enfin commencer. Et c’est bien un spectacle qui sera offert en première mi-temps. « Forbach-Veymerange on Ice » ou « Comment traverser un couloir avec un parquet ciré en chaussette ». Sur une pelouse totalement détrempée, les joueurs passent leur temps entre de longues glissades et la recherche d’appuis pour changer de direction. À ce petit jeu d’équilibriste et de devine où va arriver le ballon, les joueurs locaux se montrent plus habiles et ouvrent le score lorsque le chronomètre indique 45:01. Au buzzer. Un score somme toute logique et qui survient sur un énième centre millimétré qui prends naissance dans leur couloir droit. Nos Verts sont un peu moins présents au duel, un peu moins précis, un peu moins appliqués, bref un peu moins tout court. Je me demande quand même si par ce temps quelque peu humide et sur une pelouse naturelle, il ne serait pas temps de ranger les chaussures à lamelles pour ressortir les bonnes vieilles chaussures vissées ? Un crampon de 18 millimètres, ça gêne à la frappe mais question adhérence, c’est quand même le top. Allez je suis grand seigneur, je vous concède du 16 millimètres devant pour le toucher de balle et du 18 derrière pour l’appui. On laissera les 22 dans la vitrine du club.

La mi-temps permet de visiter ce club-house chauffé et d’apprécier la galerie de fanions des gloires du passé. Au passage, un joueur qui n’était pas présent sur le terrain entre dans la salle et sert la main à tous ceux qui se trouvent devant lui. Encadrement Veymerangeois y compris. Une main serrée qui se dirige ensuite vers son cœur, un sourire communicatif. Que voulez vous faire à cela ? La même chose, c’est à dire lui répondre avec un sourire au moins aussi expressif que le sien. Café en main, toujours un peu groggy par ce but de la dernière seconde, il est temps de reprendre place dans cette masse de béton. Un peu réchauffé.

La seconde période est très similaire à la première. Veymerange tente bien de recoller au score en essayant de produire du jeu mais sans conviction profonde. Quand on joue à Forbach il faut au moins être à 100% pour espérer quelque chose, et là clairement, il manquait quelques pour-cents. Alors le jeu s’équilibre mais il vire subitement à la faveur des locaux sur un contre. 2-0 le sort du match est scellé bien avant son terme. Les locaux auront-ils d’ailleurs tremblé en seconde période ? Doute permis. Ils se sont présentés avec 3 attaquants dès la reprise dont un numéro 11 à gauche qui effectuait un travail défensif aussi impressionnant qu’une voiture sans marche arrière qui voudrait reculer. La seconde période s’écoule inexorablement sous les commentaires avisés de 2 personnes sur ma droite tout en haut de la tribune qui auraient pu trouver leur place au balcon du Muppet show tels Waldorf et Statler. « C’est une bonne équipe de village Waldorf! », « Tu as raison Statler c’est une bonne équipe de village. C’est quel village au fait ? ». Le match se terminera comme il l’avait commencé en première mi-temps. Engagé, agréable et correct. Mais sur une victoire des locaux. Et les arbitres me direz-vous ? C’est vrai je ne les ai pas nommé dans cette fresque quasi-historique. Simplement parce qu’ils ont été bons et discrets. Ça explique. Le retour avec les deux Gaby et monsieur Romano sera long et très calme. Quelques éléments de matchs, les scores de rencontres jouées ce samedi soir, des échanges cordiaux et historiques (pas de l’époque du péplum précédant pour ceux-ci) et une grande traversée silencieuse. Ainsi sont les retours de défaite même si se profile déjà le prochain match à domicile, Neuves-Maisons. Et pour ce match, le peuple vert est attendu en nombre car il est important ce match… Très important.

Pour conserver cette perspective liée au fil du temps, c’est ensuite l’équipe C qui se présente à 10H00 ce dimanche sur le terrain de Sérémange. Température inadéquate, taux d’humidité un peu élevé, les Verts de Chacha ratent leur entame de match. Pourtant ce dernier avaient minutieusement établi la composition de son équipe vendredi soir. La première période en demi-teinte se clôture sur un score de 1-0 pour les locaux et contient trop peu d’occasions franches malheureusement mal conclues. La seconde période se déroulera un peu mieux mais sans changement au tableau d’affichage et sans se montrer très dangereux. Le 10ème titre consécutif sera certainement plus difficile à obtenir qu’il n’y paraissait. Mais à l’impossible rien n’est tenu. Pour autant, c’est la seconde équipe senior de Veym’ qui s’incline du week-end.

Reste alors la B pour relever la tête (au passage les U19 s’inclinent eux aussi 3-0, c’est vraiment un week-end pourri jusque là, osons l’écrire). 14H30. L’entame de jeu est totalement Veymerangeoise dans ce duel qui les oppose à Froidcul. 4 occasions très nettes qui permettent au gardien visiteur de s’illustrer avec panache. Tout se passe bien. Des occasions sont gâchées mais il y a largement la place pour s’imposer. Puis l’impensable survient. Un premier but gag encaissé à 2 attaquants contre 5 défenseurs contre le cours du jeu et presque dans la suite un second sur un penalty tout autant gag. On se croirait revenu au temps des Gaulois et de la crainte de voir le ciel leur tomber sur la tête (d’ailleurs les conditions historiques de cette expression sont souvent mal connues mais cela sera pour une autre fois). L’équipe perd un peu pied et tente des gestes PlayStation. Râteau en position de dernier défenseur, passe dans l’axe… Rien de rassurant. Cependant au détour d’une nouvelle action dangereuse, elle réduit l’écart. Puis ce remet définitivement dans le bon sens en égalisant à la dernière seconde de la première mi-temps. Au buzzer. Vous me direz, cela me rappelle quelque chose. Et vous aurez raison sauf que cela va dans le bon sens cette fois. Au retour vers les vestiaires, les visages sont concentrés et les joueurs à nouveau pleinement dans leur match. On se laisse à penser que ça y est, le signe indien du week-end peut enfin être vaincu. En début de seconde période les Verts pressent et inscrivent un troisième puis un quatrième but qui les mettent définitivement à l’abri. Enfin. Enfin une victoire verte obtenue avec volonté et solidarité. Félicitations car en d’autres jours, passer de 0-2 à 4-2 aurait été plus compliqué. Mais il était dit qu’avec application et envie vous retourneriez ce match à votre avantage. Cela fait… énormément plaisir.

Voilà. Un petit voyage au cœur de l’Histoire s’achève. Avec un grand H car chez nous elle se veut avec un grand H. Nonobstant cette Histoire a un prix, le prix de l’abnégation. Et pour continuer à s’écrire de la sorte, il faudra le payer à nouveau dimanche prochain. Et cher.

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