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Il n’est pas toujours facile de se rendre compte de la complexité de ce qui est devant nos yeux. Cette complexité masquée par notre ignorance ou notre oubli nous donne alors des yeux d’enfants. Voyage au cœur d’une pensée infantile, naïve et spontanée. Pourtant si vraie.

Un enfant: « Dis Monsieur, c’est quoi ton club de football? »
Un coach de Veym’: « Mon club de football, c’est le club de Veymerange Elange. Un club de la ville de Thionville. Il y en a d’autres comme le Thionville FC, le club des Portugais Saint François ou encore de Volkrange. Moi j’ai choisi celui-là parce que j’aime bien le vert et le blanc, comme couleurs. Et puis parce qu’un ami un jour m’a demandé si je ne voulais pas venir m’amuser avec les vétérans. Voilà, c’est comme ça que je suis devenu vert. »

Un enfant: « Tu es un martien? »
Un coach de Veym’: « (rire) Non je ne suis pas un martien. On dit des personnes dans un club qu’elles ont une couleur parce que cela correspond à la couleur de leur maillot. Par exemple, pour Veymerange on dit les verts, pour Volkrange les rouges et pour Thionville les jaunes et bleus. Les couleurs c’est comme une identité, une marque. Tu voies McDonald est vert et jaune, Quick est rouge et noir. Pour un club, les personnes qui y jouent, y entraînent ou le supportent se reconnaissent à travers cette couleur. Les vêtements qu’ils portent ont cette couleur. C’est quelque chose de fort entre ces personnes une couleur, elles ne sont pas prête à les changer comme cela. C’est comme un symbole d’appartenance. »

Un enfant: « Vous appartenez à quelqu’un? »
Un coach de Veym’: « Non nous n’appartenons à personne. Toutes les personnes qui sont dans le club sont des bénévoles, même le Président. Ils ne sont pas payés pour faire ce qu’ils font. Ils le font par envie, par passion. Ils sont nombreux tu sais parce qu’il faut beaucoup de monde pour que les joueurs de football puissent pratiquer leur sport. Il faut du monde pour les entraîner, les accompagner, s’occuper de leurs vestiaires, les arbitrer, laver les maillots, accueillir les autres équipes, préparer les goûter. Il y a un bien un entraîneur plus diplômés que les autres qui est payé tous les mois mais c’est le seul. C’est son travail à lui. Il a appris le football avec d’autres personnes et maintenant il explique ce qu’il a appris pour que les joueurs du club progressent. Parce que le seul moyen de progresser c’est d’avoir des personnes comme cela. »

Un enfant: « Il est comme la maîtresse alors? »
Un coach de Veym’: « C’est un peu comme ça tu as raison, mais pas avec la même coupe de cheveux. Tu as raison, il est un peu comme la maîtresse. C’est comme si en fait ce club c’était comme une grande école avec plus de 400 enfants. On y apprends à vivre ensemble, à partager des émotions, à se soutenir, à apprendre. On est parfois content, parfois déçu, parfois heureux, parfois triste. Il y a des personnes de tout âge. Des personnes comme toi jeune, des personnes plus âgées comme certains éducateurs, arbitres ou spectateurs. »

Un enfant: « Vieux comme mon papi et ma mamie? »
Un coach de Veym’: « Parfois oui. Ce sont des gens importants tu sais? Ils sont là depuis très longtemps. On dit d’eux qu’ils représentent l’âme du club. Son passé. C’est des personnes avec qui il faut aller parler. Ils vont te raconter plein d’histoires avec des yeux qui brillent. Des histoires d’un temps où tu n’étais pas encore né. Avec des noms de joueurs que tu ne connais pas et dans des lieux magiques. Des terrains qui n’existent plus parfois. De vielles histoires d’aventures et matchs qui les ont marqués. »

Un enfant: « Du temps des dynosaures? »
Un coach de Veym’: « Presque (sourire). Juste après quand même. Mais qui semblent d’une autre époque. C’est important d’aller parler avec ces personnes là. Vraiment. Cela leur fait plaisir et elles sont très heureuses de partager ces moments. Leurs histoires datent d’un temps où les vestiaires était un baraquement sans chauffage. D’un temps où dans les douches coulaient de l’eau froide. D’un temps où des fleurs poussaient sur les terrains qui n’étaient pas très plats. »

Un enfant: « C’est rigolo, c’est comme sur ton terrain à toi. »
Un coach de Veym’: « C’est ça, presque pareil mais on va bientôt avoir un vestiaire tout neuf avec de l’eau chaude et du chauffage. Pour que les enfants comme toi n’attrapent pas froid après leurs entraînements ou leurs matchs et que tous tes copains et toi puissiez être accueillis dans de bonnes conditions de sécurité. Enfin… Normalement cela ne devrait pas tarder. »

Un enfant: « Tous mes copains peuvent venir? Et les filles aussi? »
Un coach de Veym’: « Bien sûr. Vous êtes tous les bienvenus. Peu importe que vous soyez doués avec un ballon ou pas. Peu importe ta taille, la couleur de ta peau, ton poids, que tu soies un garçon ou une fille, que tu aies un handicap ou pas. C’est ça aussi la magie du football. Un club c’est aussi comme une grande famille dans laquelle tout le monde peut trouver sa place. Cela évite aussi parfois de ne pas savoir quoi faire et de faire des bêtises. Là tu as une activité. Il faut être présents aux entraînements et aux rencontres. C’est stimulant. Certains apprendront des choses un peu plus difficiles que les autres parce qu’ils vont montrer plus de facilités que d’autres mais avec de la volonté et des efforts, tout est possible parce que c’est un sport collectif. Si quelqu’un n’est pas en forme un jour alors il y a toujours un copain pour l’aider, parce que demain ce sera peut être l’inverse. »

Un enfant: « Et je deviendrais un joueur comme à la télévision? Avec des traits de crayons sur les bras? »
Un coach de Veym’: « Pourquoi pas? Qui sait? Il suffit de penser que cela est possible. C’est beau les rêves, cela arrivera peut être… ou pas. Le principal c’est de s’amuser et de prendre du plaisir à pratiquer ce sport qu’il fasse beau ou qu’il pleuve, que tu joues avec tes copains ou avec d’autres. Quant aux traits de crayons, c’est comme dans la classe. Parfois quand tu fais un dessin et que tu dérapes de la feuille, tu te fais un trait sur la main. Sauf que là les personnes à la télévision il ne peuvent pas l’enlever. Ou c’est très compliqué. Donc il ne faut vraiment pas se tromper de traits. Moi je préfère les joueurs qui n’en ont pas mais chacun fait ce qu’il veut. »

Un enfant: « C’est vrai, je peux faire ce que je veux? »
Un coach de Veym’: « Pas tout à fait non. Au football comme dans d’autres sports il y a des règles et on doit les respecter pour que tout le monde puisse s’amuser et être protégé. Puis tu dois respecter les gens qui t’entrainent et le matériel qui est mis à ta disposition pour jouer. Les vestiaires c’est pareil. Le monsieur qui a un maillot différent des autres et qui siffle de temps en temps aussi. C’est important le respect parce que tout le monde est différent. Mais tout le monde a le droit de sourire et de prendre du plaisir en jouant. Des tous petits comme ton petit frère… jusqu’aux vétérans comme papa. »

Un enfant: « Ça a l’air chouette ton club. Je veux bien y venir m’amuser. J’aime bien aussi la piscine. J’y vais de temps en temps et j’aime bien sauter dans l’eau. Là aussi il y a un Monsieur avec un sifflet sur le bord et un ballon. Il est jaune mais il est un peu dur. Quand je frappe dedans avec mon pied ça me fait mal et le Monsieur avec le sifflet il est pas très content. Avec les copains dans la cour on a un ballon et on le sors à la récréation. Enfin quand on ne tape pas dans les vitres de la classe. Là c’est la maîtresse qui confisque la balle ou le maître. Ça dépends. D’ailleurs je l’ai vu tout à l’heure sur le bord du terrain le maître. Il est rigolo. Je l’aime bien. Par contre il a plus de cheveux. Il pourrait pas être maîtresse comme métier. En tout cas c’est bien qu’on puisse venir sur ton terrain. Avec tout mes copains. Et les filles aussi. Tu me racontes encore une autre histoire… »

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